Qu’est-ce qu’une bonne tarte flambée?

janvier 2018 | Gourmets

Mise à jour : 28 janvier 2018

Petite enquête à l’usage de ceux qui cherchent à mieux cerner les qualités gustatives de la tarte flambée et souhaitent découvrir les flammekueche telles qu’elles sont appréciées en Alsace.

Qu’est-ce qu’une bonne tarte flambée ? C’est selon les goûts, répondront les Normands, subjectivité des papilles oblige… Oui, mais les Alsaciens, ceux qui aiment la tarte flambée, les fanas de ce plat, comme les professionnels qui la font vivre, qu’en pensent-ils ?

« En ce qui concerne la tarte flambée, les Alsaciens ont un référentiel bien clair dans la tête. Ils identifient très vite ce qui est bon et ce qui n’est pas bon », observe Pierre Sigwalt, le patron des Brasseurs du Ried, la toute jeune brasserie artisanale de Muttersholtz, près de Sélestat, où sont également servies des flammekueche.

La pâte, tu la roules ou tu la plies ?

Une pâte ratée, et c’est toute la tarte flambée qui est fichue. Tel pourrait être l’adage approprié pour cet élément qui constitue la pièce maîtresse de la flammekueche, sa colonne vertébrale. Sans pour autant faire l’unanimité sur ses aspects gustatifs.

Autrefois, quand la cuisson du pain se faisait dans le four domestique, dans l’enceinte des fermes bas-rhinoises, la pâte des flammekueche était plutôt épaisse. Étalée à la main, au rouleau, elle n’avait pas honte de ses irrégularités dans son épaisseur et de son léger embonpoint. C’était un plat avant tout roboratif.

Signes des temps pour une clientèle toujours plus soucieuse de légèreté, la tarte flambée s’est ensuite lancée dans un régime amaigrissant. Diète initiée puis encouragée par les professionnels de la flamm, qui, dès les années 1970, y ont vu le moyen d’accroître leurs ventes.

Aujourd’hui, une bonne partie des flammophiles avertis apprécient cette pâte fine, voire très fine, parfois pas plus épaisse que la tranche d’une pièce de monnaie à faible valeur faciale, alors que d’autres pencheront du côté d’un fond plus grassouillet aux allures rustiques sans pour autant prendre des airs de pizza – ce que la tarte flambée n’a jamais été.

 

Cette tarte, tu la roules ou tu la plies ? Là, deux écoles coexistent, avec toute la gradation entre les deux positions, les deux consistances, entre une pâte souple et une rigide, et le niveau de croustillant associé et désiré.

Soit la pâte est rigide et croustille, moyennant quoi il faut impérativement la plier. « Pour moi, une tarte flambée est forcément fine et croustillante. Je la mange en la pliant », exprime celui qui souhaite garde l’anonymat et se faire appeler… Arthur, un passionné de flamm qui a exercé un temps dans la profession.

Cependant, Germaine, de Schiltigheim, tout aussi éprise de flamm que lui, préfère les tartes souples : « En ce qui me concerne, la pâte se doit d’être relativement souple et un peu molle. C’est ce qui reste de l’idée de la pâte à pain. Je plie toujours ma tarte ».

Et Mireille, une autre amatrice de tarte flambée depuis l’enfance, qui roule sa tarte quant à elle de renchérir : « Je trouve qu’une pâte souple laissera en bouche ce délicieux, moelleux et doux petit goût de pâte à pain bien fraîche. Que la pâte croustille sur les pourtours des flammekueche, d’accord, mais rien qui m’horripile le plus qu’une tarte flambée entièrement craquante, comme un cracker alsacien ».

Trois flammekueche cuites au feu de bois, trois rendus différents. Notez au passage la façon dont le dessous de la pâte a été “dessiné” par la cuisson.

À gauche, une pâte très fine pour une tarte flambée traditionnelle (lardons, oignons), légère à souhait. Celle-ci se plie et ne se roule pas, et elle croustille. Au centre, la même, mais garnie de fromage : l’humidité dégagée par ce dernier permet de la rouler et apporte à la pâte du moelleux. À droite, une pâte plus épaisse encore, qui, elle, croustille aussi mais qu’il n’est pas possible de rouler.

Le feu de bois, une meilleure tarte ?

« Une tarte flambée doit être cuite au feu de bois comme le faisaient mes grands-mères ! ». Eric Jost, en bon amoureux de la tarte flambée, plonge dans son enfance pour y puiser ses repères gustatifs. Comme lui, les flammophiles chevronnés privilégient ce type de cuisson, gage d’authenticité et, donc, de tradition. « Juste le feu de bois, rien que le feu de bois ! », martèle Isabelle, une autre fana qui potasse bien son sujet avec une moyenne de quatre virées flamm par mois.

« La tarte flambée cuite au feu de bois prend un peu le goût du bois », juge Gérard Burg, connu dans le secteur comme étant le “roi de la tarte flambée”« La pâte n’a pas la même saveur, la même odeur avec ce type de cuisson », continue une autre amatrice expérimentée, Marie-Louise, qui confie au passage : «Et j”en ai mangé des tartes flambées…! ».

À l’occasion d’une étude de terrain réalisée principalement dans l’agglomération strasbourgeoise autour de la consommation de tartes flambées (1), 18% des personnes interrogées avancent spontanément la cuisson au feu de bois comme critère de sélection d’un restaurant flammekueche. Ce chiffre est d’autant plus remarquable que le feu de bois disparaît peu à peu de la mémoire gustative des habitants, spécialement en zone urbaine. « Je ne m’y connais pas trop en la matière », concède par exemple Germaine, fervente habituée des établissements strasbourgeois où les flammekueche au feu de bois se font rares, contrairement à la campagne bas-rhinoise. Elle ne sélectionne donc pas, elle, ses adresses flamm en fonction du mode de cuisson.

Étant donné le niveau élevé de contraintes associées au feu de bois, entre le stockage du combustible, l’entretien du four, le temps pour la montée en température, etc., le mangeur de flamm en quête de qualité peut légitimement espérer que le flammekuecher (2) optant pour ce moyen de cuisson veillera aussi avec soin à la qualité de tous les éléments de sa tarte flambée.

« On trouve de bonnes tartes flambées qui ne sont pourtant pas cuites au bois », nuance pour sa part le blogueur flammekueche Jessy Gérard. Et ce n’est pas Pierre Sigwalt qui le contredira. « Pour le choix du mode de cuisson, nous nous sommes posés la question du four à bois. Nous avons mangé en aveugle des tartes flambées un peu partout, en particulier dans la Kochersberg. 80% de celles que nous aimions n’étaient pas cuites au bois“. Il a donc équipé sont établissement d’un four électrique. 

« À l’heure actuelle, de plus en plus de fours électriques sont équipés d’une pierre réfractaire. La tarte flambée est bonne, sans toutefois développer ce petit goût fumé », commente Arthur au sujet de l’évolution récente des fours, notamment ceux destinés aux professionnels. Les particuliers, flammekuecher du week-end, continuent, eux, d’avoir recours à une cuisson au bois qui connaît un vif succès auprès de la population alsacienne grâce aux fours dédiés. C’est notamment vrai à la campagne.

La maîtrise de la cuisson, un enjeu gustatif

« Une bonne tarte flambée est réalisée à partir de bons produits et par une personne qui maîtrise la cuisson », observe Ludovic Simon, à la tête de TFT, l’entreprise bas-rhinoise produisant et commercialisant des kits et autres produits flammekueche. « Une tarte flambée cuite au feu de bois doit être cuite dans un four très chaud. Elle doit être saisie rapidement pour ne pas avoir le temps de dessécher. La cuisson a un rôle essentiel. Si vous ne la maîtrisez pas, le résultat peut être gâché »

« La cuisson au gaz n’assèche pas comme celle à l’électricité », explique pour sa part Gérard Burg. Aussi conseille-t-il de ne pas lésiner sur la quantité de l’appareil pour éviter ce dessèchement.

Donc au-delà du dilemme feu de bois/autres modes de cuisson, c’est véritablement l’attention que le flammekuecher (2) porte à l’élaboration de son plat qui compte, dont l’utilisation des produits adéquats. Ainsi, par exemple, lorsqu’il faut passer par la case pâte industrielle, Ludovic Simon précise que les pâtes pressées et précuites offrent plus de moelleux, tandis que les pâtes laminées, davantage destinées à la cuisson au bois, sont plus croustillantes. 

Le grand maître de la Confrérie du Véritable flammekueche d’Alsace, Daniel Vierling, narre l’expérience faite avec la pâte d’un de ses confrères restaurateur. « Chez lui, sa pâte était très bonne. Dans mon four, impossible d’avoir une aussi bonne tarte flambée. Je préconise donc à chacun de faire des tests ». 

« Aujourd’hui, tout le monde prétend faire de la tarte flambée. Je n’ai aucune leçon à donner mais la tarte flambée, mais c’est un métier » : Christian Leininger, dans la profession depuis plusieurs décennies, notamment à la tête de restaurants à Barr et aujourd’hui investi dans la vente ambulante, en formule traiteur (Flamme Kutsch), s’avoue effaré par un récit d’un employé de restaurant. Ce dernier, jugé mauvais en cuisine, avait été mis à la préparation et à la cuisson des flamm. « Non, la tarte flambée ce n’est pas ça ! »

Alors une cuisson maîtrisée, en termes gustatifs, cela donne quoi ? Une cuisson homogène, entre un fond bien cuit et une garniture tout aussi cuite, ce qui exclut les tartes flambées blafardes, par exemple. Les bords noircis de la tarte sont acceptés, attestant que les flammes du feu ont bien fait leur travail : lécher la tarte, de loin, et non la brûler complètement. N’oublions pas que l’expression “tarte flambée” est une traduction impropre, puisque il aurait mieux valu la nommer “tarte flammée” pour l’équivalent en français de flammekueche.

Feu de bois, pas feu de bois ? 

Toutes les flammekueche ci-dessous sont des traditionnelles (oignons, lardons).

Tarte flambée n°1

Cuisson au feu de bois.

Le pourtour de la pâte est noirci, un peu brûlé. Il ne se mange pas, bien entendu. Ici, les cloques de la pâte dûes à la cuisson et souvent associées au feu de bois, sont en nombre sur cette flammekueche. 

Tarte flambée n°2

Cuisson au four électrique.

Le rebords de la tarte sont à peine cuits, et l’intérieur reste vraiment pâlot.

Tarte flambée n°3

Cuisson au feu de bois.

Cette tarte flambée, qui n’est qu’une demie tarte (l’autre moitié ayant été gracieusement mise dans un carton, à emporter), témoigne d’une pâte relativement épaisse et faite maison. Ses bords sont boursouflés, comme souvent dans la cuisson au bois.

Tarte flambée n°4

Cuisson au feu de bois.

Les bords sont là aussi un peu carbonisés, irréguliers dans leur façon d’avoir pris la chaleur. Ils sont aussi boursouflés. Les tâches brunes au milieu de la garniture témoignent de la présence d’huile de colza de bonne qualité.

Tarte flambée n°5

Cuisson au four électrique.

Comme une cuisson au feu de bois, les pourtours sont là aussi brûlés et irréguliers. La pâte est ici clairement faite maison.

Tarte flambée n°6

Cuisson au feu de bois.

Le fond est aussi un peu épais dans cet exemple. On devine que ici que la cuisson est bien maîtrisée, ne serait-ce que par les couleurs de la flamm.

Tarte flambée n°7

Cuisson au four électrique.

Les bords sont noircis sans avoir de boursouflures. Le reste de la tarte flambée ne témoigne pas d’une cuisson des plus homogènes.

 

Tarte flambée n°8

Cuisson au four électrique.

Un fond industriel, une cuisson plus superficielle, et une tarte peu cuite sur le dessus.

Tarte flambée n°9

Cuisson au feu de bois.

Cette flamm est réalisée à partir d’un fond de tarte industriel.

La question du “fait maison”

Le processus d’industrialisation dans l’alimentaire rime avec une uniformisation du goût. Ce n’est pas un scoop et la tarte flambée n’échappe pas à la règle. Ainsi, les fabricants de pâtes, de mélanges et autres kits, répondent ainsi à une demande toujours croissante émanant des particuliers et des professionnels, bien contents d’avoir recours à la flammekueche clés en main.

Lors de l’enquête citée plus haut (1), seules 3% des personnes interrogées ont d’ailleurs cité de façon naturelle le “fait maison” comme facteur déterminant dans le choix de leur restaurant. Autant le dire, ce chiffre est dérisoire, preuve que ce n’est pas la préoccupation des mangeurs de flamm lambda.

En revanche, du côté des accrocs, ce “fait maison” est un argument qui fait mouche puisqu’ils lui reconnaissent des qualités gustatives supérieures, outre le bonus pour l’authenticité et la singularité. « Une pâte industrielle n’a pas la même saveur », juge Christian Leininger.

Jessy Gérard est lui aussi catégorique : « Pour moi, une bonne tarte flambée est une pâte fine, faite maison, au laminoir ».

« Arrétez les gabarits ! » lance Eric Frison, un amateur éclairé en flammekueche, lui aussi anciennement dans la restauration, qui réclame à cor et à cri toujours plus de fait maison. Pourquoi les gabarits ? Pour bon nombre de mordus de la flamm, une pâte faite maison se reconnaît en particulier à ses irrégularités de forme. Un fond admirablement rectangulaire ou un ovale trop parfait leur fait suspecter une pâte précuite et industrielle. Or… certains restaurateurs ont recours à des gabarits pour dessiner leur tarte flambée sortie du laminoir.

Et Christian Leininger de regretter : « Nous sommes devenus impeccables sur la qualité des produits et leur hygiène. Dans les restaurants, moins il y a de manipulations, plus c’est hygiénique. C’est parfait, mais nous avons une perte de qualité gustative».  

 

Une tarte bien assaisonnée et sa garniture

Concernant l’appareil de la tarte flambée, là non plus, pas de standard fixé dans le marbre. L’Alsace Bossue et certaines parties du nord du Bas-Rhin n’ajoutent par exemple pas de fromage blanc dans la composition de l’appareil. « La crème fraîche est utilisée seule chez nous, et au nord de Betschdorf, Roppenheim et Soufflenheim. Nous avons toujours fait comme cela », explique Nicole Secula, la patronne de Chez Nicole, à Schaffouse-près-Selz, à quelques encablures du Rhin et aux portes de l’Outre-Forêt, qui étale encore au rouleau ses fonds de tarte maison.

Certaines flammekueche livrent donc un délicat goût et léger de bibeleskäs : « Il apporte juste ce qu’il faut d’acidité, car il ne faut pas que le mélange soit trop acide », observe Germaine. D’autres flammekueche seront plus neutres en termes de goût, selon la proportion de fromage blanc du mélange, 20%, 30%, ou 40%, alors que d’autres encore développeront une douce petite saveur plus marquée de crème fraîche.

En matière d’assaisonnement, rien de pire qu’une tarte flambée fade. Ce que les mangeurs de flamm apprécient c’est le « juste » assaisonnement, le ô combien personnel « ni trop-ni trop peu ». Certains prisent la saveur piquante de la noix de muscade si elle sait rester discrète, d’autre l’évitent. Tout est donc affaire de goût en la matière.

Mais il y a un point sur lesquels les mangeurs de flamm ne transigent pas et fait l’unanimité : l’appareil ne doit pas couler. Normal pour un plat que se mange avec les mains. Quoi de plus horripilant en effet que de repêcher toute la garniture au fond de l’assiette après avoir produit quelques sonores et peu distingués “splash”.

L’onctuosité de la crème est souvent mise en avant, à l’instar de Mireille : “C’est important qu’elle soit assez consistante et crémeuse”.

« Ce que j’aime, c’est une crème onctueuse, bien épicée, et bien assaisonnée, avec des lardons et des oignons en nombre ». À l’instar de Michèle, fine connaisseuse en tartes flambées qui se rappelle bien les tartes flambées d’autrefois cuites dans la four familial, la garniture ne doit pas être trop chiche. Que signifie le “trop chiche”…? Réponse de Michèle : «J’ai gouté des tartes flambées où j’avais l’impression que les lardons et les oignons avaient été posés avec une règle. Il y avait 15 lardons et 15 lardons ». Jean-Jacques Colin, le patron du Bœuf à Ittenheim, tempère : “Trop de lard n’est pas appétissant“. Ah, la notion de “juste quantité”, qui s’apprécie selon chacun…

Des ingrédients de qualité

La tarte flambée préférée des experts et de ses afficionados, c’est bien la “classique”, dénommée aussi la “traditionnelle”, la “normale”…, juste garnie de son appareil correctement assaisonné, de lard et d’oignons.

« Je me bats pour cette tarte flambée classique, pour garder la simplicité et la tradition. Une tarte flambée aux escargots s’éloigne trop de cet esprit », lance Christian Leininger. Si la plupart des puristes se rangent pleinement derrière cet avis, d’autres amateurs témoignent cependant d’une ouverture plus grande aux innovations et évolutions des recettes.

« Je commence toujours par une normale pour voir l’état de la maison et si la tarte flambée est bonne. C’est quelque chose qui ne trompe pas ».  Toujours est-il qu’un vrai amateur, comme Germaine, qu’il aime la variété des recettes ou pas, commencera généralement son repas flammekueche avec une tarte flambée classique. Non pas comme on enchaîne les vins légers aux plus puissants au cours d’un repas de gourmet, mais parce que cette tarte, toute en sobriété et simplicité, sert de mètre-étalon pour établir un jugement sur les qualités de la flamm des lieux. 

Et cela sans se faire parasiter par une autre saveur. Une garniture au fromage, emmenthal ou munster,  transforme ainsi quasi mécaniquement une banale et médiocre flamm en un plat savoureux, dès lors que le fromage prend le dessus sur les autres composants pour en masquer grassement la subtilité et le particularités.

Au sujet du choix des ingrédients – restons à la “normale” -, la demande de fraîcheur des ingrédients constitue une préoccupation pour certains connaisseurs. À propos des lardons, Germaine est ainsi sans appel : “On sent les lardons industriels : ça a un goût de vinaigre que je n’aime pas. Rien de mieux que le lard paysan ». Arthur voit les choses différemment : “Il faut que le lard soit bien fumé. Les lardons surgelés se dispersent mieux à la main, ne changent pas trop le goût. Ils apportent juste un peu plus d’eau”. 

Jean-Georges Matter, le patron de la Charrue à Dettwiller, à deux pas de Saverne, poursuit sur le thème des lardons : « Une bonne tarte flambée, c’est quand les lardons ont du goût. Cela dépend du fournisseur et mieux vaut éviter le bas de gamme. Un bon lard doit avoir le goût du fumé, du salé, avoir comme couleurs un peu de rouge et un peu de gris ».

Citons encore la présence de l’huile de colza sur la garniture, idéalement en première pression à froid – qui n’est malheureusement plus produite en Alsace. Pour Gérard Burg, c’est cette huile qui doit être utilisée, et pas l’huile de tournesol « qui n’apporte pas le même goût ni la couleur jaune ».

Sujet sensible pour les digestions délicates : les oignons. Là encore, écoutons Gérard Burg. Il explique que mieux des oignons un peu salés, préparés très peu de temps à l’avance, sans passer par la case réfrigérateur, et très finement émincés. 

 

Un équilibre

Comme toute bonne chose qui se savoure, une tarte flambée naît d’un mariage des plus subtils entre tous les éléments qui la composent. « Une bonne tarte flambée, c’est une répartition correcte, pas trop d’une chose, pas trop peu d’une autre », constate le grand maître de la Confrérie du véritable flammekueche, Daniel Vierling, tout en tenant à préciser : « La meilleure tarte flambée n’existe pas ; c’est celle que j’aime, et celle que je n’aime pas ».

Cette harmonie et cet équilibre lui confèrent justement une saveur qui transforme, selon le goût propre à chaque mangeur, une bonne tarte flambée, réussie, bien cuite et bien garnie, en une tarte excellentissime, LA flammekueche à se damner, SA flamm d’enfer.

« Pour moi, une tarte flambée divine, c’est celle qui réussit cette union de tous les ingrédients et que me laissera le lendemain matin ce délicieux petit goût dans la bouche, tout en douceur ». Philippe, un Strasbourgeois qui se classe parmi les passionnés, possède ainsi son calepin personnel de bonnes adresses flamm auxquelles il accorde une mention spéciale par la constance de leur production et la régularité en matière de goût. « J’ai souvent conseillé de bonnes adresses, où je trouvais la flammekueche très bonne. J’y envoie des amis et leur retour ne correspond pas à mon expérience. J’y remets les pieds à mon tour, et, là, surprise, la tarte flambée n’avait en effet plus le même goût. Dommage ! »

 

« La bonne tarte flambée, c’est la tarte flambée conviviale ! », résume finalement Ludovic Simon. Par-delà les aspects purement gustatifs, la tarte flambée, peut-être bien davantage que d’autres plats, parce que qu’elle se mange en Alsace avec les mains en se partageant les parts, est sublimée à la fois par le moment et l’environnement. Par le moment, entre amis, en famille… ; par l’environnement, un cadre typique et sympathique… Comme si la contexte consolidait les perceptions positives des papilles.

 

Que ce soit chez soi, au fond du jardin, dans sa cuisine, ou au restaurant, la tarte flambée séduit toujours plus de gourmets et gourmands, en France comme à l’étranger. Des tartes légères, fines, presque aériennes, aux flamms d’antan qui tiennent à l’estomac, en passant par toute une variété des recettes nées au gré des terroirs et de l’inspiration du cuisinier, il y a donc de quoi faire travailler ses papilles. 

Cette diversité sonne comme une invitation à venir découvrir la tarte flambée, à quitter le confort gustatif de son restaurant favori pour partir à la découverte de ces tartes flambées qui peuvent se savourer comme des crus singuliers. Quittez les zones touristiques où l’usage du paquet de 40 fonds de tarte industriels est devenu un réflexe. Forgez votre palais et étalonnez les flamm selon vos propres goûts.

C’est à la fois faire honneur à ceux qui maintiennent l’originalité de leur tarte flambée maison, c’est encourager les professionnels engagés sur la voie de la qualité et, bien entendu, c’est maintenir bien en vie cette part de notre patrimoine culinaire local.

Bref, sortez, goutez… et pensez flammekueche ! (3)

 

(1) Enquête myflamm.fr effectuée auprès de 300 personnes, principalement dans l’Eurométropole, auprès des habitants, de façon aléatoire, au cours de novembre 2016 à avril 2017.

(2) Flammkuecher : le “cuisinier de la tarte flambée”

(3) Deux outils myflamm.fr pour découvrir les restaurants : une recherche dans l’annuaire du site à l’aide d’une carte, géolocalisée, et une recherche par critère.

9 Commentaires

  1. Raymond Meyer

    Une bonne tarte flambée se caractérise par une pâte bien fine et croustillante, de la crème en quantité suffisante, des lardons issus d’un bon morceau de lard fermier et des oignons jaunes. Si on rajoute du munster, il doit être bien coulant. Pour la gratinėe, le fromage doit être de bonne qualité. Pas de produits congelés mais du frais.

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  2. Anonyme

    Après avoir lu cette page il est impossible de se tromper pour reconnaître les cuissons, le détail et la recherche sont spectaculaires, vraiment bravo, et en tout état de cause la cuisson au feu de bois reste la meilleure.
    Accompagné d’un bon vin blanc, entouré de bons amis tartes flambées à gogo que du bonheur!!!!!!!!!!!

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  3. Cindy

    J’habite Nancy et j’aime beaucoup votre tarte flambée pour moi si typique de votre région. Sympa l’article, bien pédagogique.

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  4. Didier et Claire

    Nous on l’aime au feu de bois. On adore l’Aigle à Pfulgriesheim et on aime aussi à Bernolsheim, le stuebel. On se promène pas mal dans le département, et on a souvent de belles surprises dans les restos perdus, loin de la ville. La liste est trop longue pour les citer. C’est notre plaisir à tous les deux, surtout en été.

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  5. FISCHER BRAUN MICHELE

    Je reste formelle sur la qualité d’une cuisson au feu de bois, avec des produits frais oignons (peut-être cuits pour une meilleure digestion), lardons frais mais fumés ; j’apprécie la tarte flambée fromage blanc + crème. Il est vrai que j’étais habituée à celles du Nord de l’Alsace… Je ne suis pas impartiale pour l’épaisseur de la pâte, si elle reste croustillante.
    Cet article est persuasif, constructif, toutes les personnes citées ont raison, il faut tenir compte du goût de chacun…

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  6. Marie

    cet article dit vrai.a chacun sa tarte et ses préférences .je ne mange pas souvent de tarte flambee.Mais par contre j ai des goûts bien affirmés.une flamm cuite au feu de bois avec une crème onctueuse et goutue et de vrais lardons généreux….je préfère les pâtes fines qui se roulent.
    merci my flamm pour cet article ponctué de témoignages.

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  7. Franz

    je peux pardonner si la pâte n’est pas faite maison sur mais la qualité des ingrédients il faut rester intraitable et le faire savoir: les lardons “éco” de supermarché et des oignons de provenance exotique auxquels on ajoute de la crème 1er prix et c’est la cata assurée, et dire que certains restos servent ça aux touristes en centre ville …

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  8. Daniel (Strasbourg)

    Mon coeur balance aussi pour la tarte au feu de bois, le must. Mais j’avoue qu’il y a aussi de très bonnes au feu électrique, mais aussi d’affreuses que je ne ferai même pas goûter à mon pire ennemi. Je plaisante à peine.

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  9. Marie-Louise

    y a pas à dire pour moi la feu de bois c’est la meilleure,

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