La tarte flambée en Nalsace

novembre 2017 | Arts et lettres

Place aux arts et aux lettres, à cette nourriture qui ravit les yeux, émeut et émerveille. Première étape avec l’excursion dans le monde singulier de Roland Perret et de sa Nalsace.

La tarte flambée en Nalsace ? En Alsace, oui, bien entendu, mais en Nalsace ?! Que vient faire cette tarte flambée géante sur les cimes forestières de ce qui ressemble aux Vosges ? Des hommes vêtus d’une traditionnelle veste rouge empruntent l’étroit chemin qui mène à la cité fortifiée, constituée par une flammekueche fumante et portant naturellement le nom de Flammekuechedorf, pour y livrer… des champignons. En guise de bâtiments, les lardons sont transformés en éléments architecturaux qui semblent glisser dans l’épaisse crème.

En 2006, le peintre molsheimois Roland Perret, alors connu principalement pour la réalisation de fresques et de trompe-l’œil, donne naissance à ce pays, la Nalsace, dont les frontières se situent entre ici et nulle part, entre les terres fertiles alsaciennes et un monde magique sous-terrain, comme une Alsace inversée, et peuplé d’êtres fantastiques.

Parmi les particularités propres à la Nalsace, notons que la lettre N précède tout mot commençant par une voyelle. D’où une kyrielle de Namis, Nalsaciens, nelfes et autres naventures.

 

Trois niveaux de lecture

Le « Nillustrateur » n’échappe donc pas à cette règle. Il souligne par ailleurs les trois niveaux de lecture de son travail publié dans une trilogie de romans illustrés des Mystères de la Nintérieur* : l’humour d’abord et surtout, l’érudition ensuite, notamment autour du patrimoine régional, et, enfin, une approche plus spirituelle, voire ésotérique.

« Il s’agit de s’élever vers le ciel, ce que les racines permettent de faire. D’où la notion de terroir qu’on peut relier au spirituel. De plus, chaque territoire a ses particularités, ses symboliques oubliées », explique Roland Perret après avoir montré sa représentation du bretzel, si proche de le triskell celtique.

 

Gastronomie nalsacienne

La tarte flambée a donc sa place en Nalsace. Le “Retour du Jet d’Ail” (ci-dessus) le confirme, sous ses airs de pastiche du film le Retour du Jedi. “Pas d’ail dans la tarte flambée!” : voilà le valeureux guerrier nalsacien prêt à en découdre…

« Je joue avec les poncifs de l’Alsace, s’amuse le peintre. Même si je suis plutôt bio-bobo, j’aime beaucoup cette tradition autour de la convivialité et de la simplicité. J’adore aussi la choucroute ». Il évoque ensuite une anecdote relative à ses repas flammekueche au restaurant : “Je faisais des petits dessins sur les nappes blanches en papier. Un jour, le restaurateur m’a avoué qu’il gardait les nappes ».

Dans cette même inspiration fantastico-culinaire alsacienne et avec son coup de pinceau alerte, ses couleurs fortes et ses trouvailles picturales qui caractérisent sa patte, Roland Perret a également écrit et illustré en 2013 Délires de choucroute dans la Nalsace. Il vient d’illustrer l’ouvrage de l’inventeur de la cuisine moléculaire, Hervé This, Le terroir à toutes les sauces, tout juste sorti en librairie, et qui sonne comme une invitation à un voyage culinaire atypique.

 

Rééditer la Nalsace

Devant le succès de librairie du premier tome de sa trilogie, La Nalsace et les Nalsaciens, avec pas moins de 10 000 exemplaires vendus dès 2006, Roland Perret compte bien faire redécouvrir son univers pictural et romanesque via une opération de financement participatif mise en place dans les semaines qui viennent et dont l’objectif est la réédition de ce tome. Affaire à suivre sur nalsace.com, un site qui fait peau neuve : « C’est une renaissance de la Nalsace ! ».

 

(*) La Nalsace et les Nalsaciens, en 2006, La Nalsace et la Narmorique, en 2008, et en 2011, le Namour de la Nalsace.

 

6 Commentaires

  1. Robert

    Un narticle original qui nous plonge dans la culture et les traditions des nalsaciens ! Bravo à myflamm. Merci de nous faire découvrir ou redécouvrir nos origines.

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  2. marie line

    Vive la tradition (ici revisitée avec humour). Cet article m’a fait découvrir avec bonheur les illustrations de Roland Perret. Je vais certainement maintenant me plonger dans les livres. J’apprécie que la gastronomie Alsacienne soit mise à l’honneur. Alsacienne d’adoption je suis très attachée à cette région et entre autre à son architecture, ses particularités géographiques et sa gastronomie.
    Vive les beaux lardons artistiquement transformés en clochers ou autres monuments architecturaux. Cela ne les rend que plus appétissants et les met à l’honneur. Quand au chevalier “Jet d’ail” il m’amuse et me donne envie de rentrer dans la polémique… certes la tarte flambée classique est excellente et se doit d’être une référence… mais je ne suis pas contre une tarte flambée avec de l’ail (et du saumon par exemple…)

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  3. Anonyme

    J’adore le dessin avec la flam dans la forêt… Très chouette

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  4. Michèle

    Bonne initiative de peindre avec originalité la tarte flambée, en Nalsace…(Roland Perret)
    Bonne initiative de la raconter dans les différents livres…(M.Burg)
    Bonne initiative de la déguster, et d’en découvrir toujours d’autres, avec d’autres saveurs, dans les nombreux restaurants alsaciens, et au-delà des Vosges…voir sur la carte du site My flamm…

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    • anonyne

      j’attends qu’on me serve la tarte flambée au petit déj

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      • My Flamm

        Vous ne croyez pas si bien dire. J’ai ma petite idée pour la tarte flambée au petit déjeuner, mais ce ne sera pas en Nalsace… Donc, elle ne sera pas servi au lit 🙂
        Rendez-vous dans le prochain article à paraître sur myflamm.fr.

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